Le Treizième Apôtre

 

Le voyez vous, lui, au milieu de ce silence ?

Ecorché de trop de vie, brisé par ces fleurs

Mortes d’avoir été coupées, posées sans présence

Sur ce marbre, froid d’arborer toutes nos peurs

 

L’avez vous simplement vu transpirer les souffrances

Dont les gouttes perlent encore quant il partage

Un filet de tous nos pleurs, hurlant les absences

Que le temps, toujours plus, entraîne dans son passage

 

Moi, je l’ai vu en sanglots, mort parmi les morts

Attendant les rares écumes dont le parfum

Lui rappelle les temps jadis ou brillaient encore

Ses feuilles, perles de rosée sous l’oeil du matin

 

Voyez l’enfant de Thémis, Atlas des Vôtres

Porter vos chagrins sur ses épaules de bois

Encore lassées d’avoir trop pleurés ceux des autres

Remerciez le d’être gardien de ces croix

 

Puisqu’un jour il sera gardien de la Nôtre

Du destin trop sûr que nous réserve le sort

Il sera, de ces sommeils, le Treizième Apôtre

Le cri d’adieu que l’âme pleure quand tout s’endort

Le Chemin des Damnés

Le Chemin des Damnés – (Ou l’histoire du « Dormeur du Val »).

La bouche en cœur sur le Chemin des Dames,
Habillé par un de ces stylistes sans goût
Il marchait au milieu de ces autres âmes
Il marchait, marchait, … Jusqu’au bout.
Un fusil sur l’épaule, comme tous, il allait
Vers cette destination inconnue, mystérieuse
Où l’attendent ce que seul sait
Celui qui a déjà fait cette route affreuse.

Une fleur, plantée dans le canon de son arme
Lui rappelait sans cesse un printemps, un jardin,
Une rosée… la douce fraîcheur d’un matin.
Ces choses qui lui font envier un Carme.
La tête basse, ils étaient livides, ses camarades.
Sur leurs épaules meurtries, tombaient les Hallebardes
Des Puissants qui, comme des enfants, se querellent
Petits radeaux tristes dans une tempête éternelle
Aux couleurs de la chair dont la guerre se repaît.
Bien en rang, sans mots dire, ils avançaient

Impassibles, comme traînés de force, en guenilles.
Certains semblaient ne plus tenir sur leurs béquilles…
Qu’étaient ils ? … Revenaient ils ? … Où, serait ce…
Il y avait, dans l’air, l’odeur putride, épaisse
De la mort… Elle les accompagnait, rieuse,
Il voyait, dans ces regards, les tristes méandres
Où les menait, doucement, la Grande Faucheuse
Comme il ne restait de leur corps que des cendres.

Alors, il se souvint. Un bruit, un éclat de terreur,
Et cette balle… Qui venait droit dans son cœur.

Après la tempête, vient un calme qui perdure :
Il dort encore, dans son « petit trou de verdure ».

La fille en boite.

 
On ne passe pas très longtemps par chez elle… Sans penser à mal, et pour subvenir à ses besoins, elle ne fait finalement que racketter, pour d’autres, les passants qui resteront pour elle des anonymes. Comme elle ne restera pour eux qu’une anonyme… Qu’une fille en boite. De sa boite elle dévalise quelques pièces ou quelques billets à ceux qui souhaitent emprunter les voies sinueuses, rapides et très fréquentées qu’elle garde avec le détachement d’une caissière. Détachement qui s’habille d’ailleurs d’un sourire cachant piètrement la douleur et la tristesse d’être ainsi coincée dans sa boite, en ce lieu qui n’est autre qu’un passage.

Au début, elle ne faisait ça que pour vivre, et manger. Que pour étudier et se loger… Tout simplement. Elle a fini par se complaire à voler de brefs instants de vie à tous ces gens qui eux ne la voient pas. Elle se demande où iront-ils ? D’où viennent ils ? Pourquoi sont ils là ? Elle rêve de leur vie. Elle a même rêvé qu’un jour, un prince moderne aux traits de cette image publicitaire pour un parfum, qui trône dans sa chambre, viendrait un jour et ne partirait qu’en l’emmenant. Mais, elle n’est que le passage, payant, sur le bord d’une route qui mène pour tous à une destination. Pour chacun de nous, sa demeure n’est qu’une brève étape vers ailleurs.
La fille en boite, c’est ainsi que je l’appelle. Celle que le monde insulte, par manque d’égard et peut être de recul, aussi. Celle qui fait les frais de l’apparence, de la nécessité, et de l’invisibilité de ceux qu’elle sert… La fille en boite, en boite d’allumette… Qui n’a d’autre choix que de griller sa dernière cigarette, sur le bord de cette route. Le monde va trop vite, et ne se préoccupe guère des fleurs qui poussent parfois dans les caniveaux.
Le matin, quand elle termine son office, elle ramasse les deniers, s’étire, et s’en va rendre sa boite pleine à celui qui l’emploie. Ainsi, elle touchera à la maigreur des centimes qui y traînent, et pourra-t-elle s’acheter le croissant dont elle rêve depuis la veille.
Elle se retourne et jette un dernier regard sur sa boite, celle qui porte le numéro 8. C’est un joli numéro, le 8. Un symbole de l’infini, du retour sur ses pas, interminable. Elle quitte la lugubre aire qui accueille le péage de la Barque, et dans son radeau roulant, s’attriste déjà de devoir y revenir lever, puis rabaisser la barrières rouges et blanches d’une autoroute dont elle n’a encore jamais vu ni l’une, ni l’autre des extrémités. Elle se dit alors que si le monde devait être une autoroute, elle aimerait bien être le chemin de Terre et de gravier qui la longe. Un chemin qui nous mène très lentement vers la même destination et dont on sent le crépitement sous les pied à chaque pas. Un chemin où les moucherons ne s’écrasent pas, victime de notre allure, sur les pares brise, et où rien, justement, ne pare la brise fraîche. Elle se dit qu’elle ne mettrait pas de péage sur ce chemin, et qu’elle aimerait que beaucoup de promeneurs y viennent. Elle aimerait bien qu’on y joue, qu’on s’en écarte et qu’on y revienne, qu’on construise un refuge en pierres où dormir le soir pour rallonger encore un tout petit peu la route…
Elle n’a certainement pas du voir que, devant elle, sa route prenait un étrange virage. La fille en boite fut mise dans une autre boite, près d’un chemin de Terre, quelque part. Sur sa boite, pousse une fleur, de celle qu’on trouve sur les bords de la route. Il y a sur ce chemin quelques promeneurs, des moucherons, de la brise et même parfois des lapins traversant rapidement avant de disparaître dans les lavandes. Il y a plus loin un refuge dans la garrigue qui offre ses pierres dorées au soleil couchant pour un abris un peu rustique, mais agréable. En regardant le ciel, on peut le voir s’enflammer d’un rose oranger un peu extra ordinaire, qui dessine le contour d’une Provence Cézannienne d’aspect étrangement aride et fertile, parsemée de pins. Comme taillée au couteau, la Sainte Victoire domine le tableau, portant son ombre étalée par le soir aux abords d’un olivier qui depuis cent ans au moins se bat contre un muret bien plus vieux que lui. Plus loin, là ou le soleil arrose encore un peu les champs, on devine des vignes qui donneront un vin réputé pour son arrière goût de thym, de soleil, et l’accent chantant que nous force à prendre le nom inscrit sur l’étiquette. On sent en marchant les crépitements de chaque cailloux, de chaque grain de sable. Il faut rester une journée entière à transpirer sous la chaleur écrasante de l’été pour apprécier à sa juste valeur le soir, puis la nuit. Elle doit aimer celle boite là, la fille en boite, car quand la campagne est au plus sombre, dans la nuit du 8 août, on la voit gratter dans le ciel quelques allumettes dont les étincelles se promènent.

Journal Intime

Elle sème sur le papier les graines
De ses phrases. Des mots courants
Qui poussent, qui fleurissent sans peines
Sur les friches de l’inconscient.

Elle parcourt de la plume les terres
Lointaines que le rêve nous promet.
Toujours généreuses de ses vers
Aux couleurs passionnées.

Sur les feuilles, courent les sens.
A chaque lecture, ils grandissent.
Ils étaient enfants d’Impatience,
Ils deviennent enfants de Malice.

Il voit ces mots, qui n’étaient destinés
Qu’à elle-même. Journal intime…
Qui la trahit, dans les espaces qu’elle dessine.
Il passe les doigts sur l’encre séchée.

Ces lignes noires dévoilent, lentement,
Des secrets qui transpirent d’envie.
Restés au silence trop longtemps
Ils reprennent le goût de la vie

Des amours, des haines, un peu d’espoir
Une lueur de tendresse, un aveu…
Ils parlent, racontent les histoires
Qu’enfouissaient ses yeux.

Puis les mots se taisent, soudain.
La page blanche attend encore
Qu’elle l’embellisse de ses mains…

Il referme le Journal et le remet
Au feu dont le crépitement d’Or
Gardera l’odeur des secrets.

Illuminé

Illuminé

 

I . Illuminé

Suis-je fou ? …

Quand je me promène aux bords des ravins
Caressé par la brise marine, quand au petit matin
J’attrape la timide lueur naissante de la citée
Qu’un temps certains appelèrent Phocée.
Quand la fumée épaisse de mon amour
Qui se consume entre mes doigts jaunis
Me rappelle qu’il ne reste plus qu’un tour.
Quand nous voguons à l’astre qui pâli
Sur les calmes océans de blé…
Quand malgré cela, je plonge aux tourments
Des esprits Humains… Fourmis aveuglées.

Je te demande…

Est-ce vivre que de marcher tous ensembles,
Vers d’hypothétiques « lendemains » -qui chantent ?-
En se contentant d’attendre que l’un d’eux
Soit le dernier ? Un doute certain me hante…
Cherchons nous vraiment une âme sœur,
Dans ce monte d’infraternité ? Entre cœurs
Percées et cœurs brisés, il n’y a qu’une fissure…
Qui souvent d’ailleurs, nous traverse la figure.
De cette étoile qui brille dans le noir
A cette feuille, morte, qui danse doucement,
J’entends ta voix. J’entends l’espoir.
Mais dois-je faire toute la route vraiment ?

A genoux…

J’use les routes, j’use les sentiers, j’use le monde,
J’use même le temps. J’avance, pourquoi ? Pour où ?
J’observe parfois même cette lune blonde
Qui de ses accents argentés me répond « oui, tu es fou… »
Et pourtant je conçois, je pense, comme tous le font.
Il n’y a donc pas de place pour moi ici… Non…

Si, aux méandres,…

Dis moi alors… si où tu es, où tu brilles,
Ma belle étoile, dis moi si quand je vacille…
Quand je te brûle de mes voeux

Si, il y a de la place pour deux…

Je sais bien que tu ne répondras pas, mais
Je suis avide de tes silences qui parlent plus
Que tu ne l’imagineras jamais.
Ils me sortent de cet esprit trop confus.
Dis moi, je t’en prie, parle moi de nous…

Suis-je fou ? …

« Je pense que oui. »

…merci.

 

II . L’ange Gardien.

Balancier régulier, sur miroir d’argent,
Transcendant les espaces habités
Par quelques monstres errants,
Tu avances, sans craindre les devants.
Assis sur une berge tranquille
J’admire ce courage délibéré.
Dans ma main, une vieille jonquille,
(De celle que tu ne connus jamais).
J’écoute ton « Invitation Au Voyage »…
La décline, et m’en retourne vivre
Au gré de quelques nuages…
J’attends un jour, petit radeau ivre,
Où tu joindras ton éternité à la mienne.
Je te vois remplir l’océan parfois,
Mais ne fais qu’attendre que tu viennes.
Je suis certaine que toi, tu sauras,
Un jour, égayer ce paradis accusant
De trop de Noir sur trop de Sang…

Eteinte

Luisez au crépuscule rouge qui vient mourir
Aux frontons des portes sordides de la grève,
Ici, il n’est ni retour, ni avenir.
Sur les pavés trop usés du marché au rêve,
Sans un mot, accrochez au passant,
Enivrez d’illusions les délices de vos corps
Zébrés par la lumière éclose des battants.

Morte étincelle, au fond noir des ports,
Oubliez, offrez, en gardant vos tristes sourires
Inimitables qui gouvernèrent tous les empires.

Finalement, l’éphémère se dissout soudain,
Un vent apaisant passe dans le froid de la nuit.
Imaginez vous, loin de ces rêveurs… Puis
Ravalez l’amer de votre injuste destin.

Jusqu’à l’offrande suivante revêtez de haillons
Une oeuvre divine que vous ne dévoilerez qu’aux
Souffles ténus qui voudraient être vos baillons.
Ténébreux océans qui vous berce de ses flots,
Esquissant les paraîtres et tout ce qui fuit.

Usurpatrices, infidélités d’une vie,
Négligentes, désinvoltes déesses d’inélégance,

Inspirez encore vos éternelles souffrances.
Ni le goût ni l’odeur ni même la chaleur
Sinistre des rues, ni les Lunes ni les lueurs
Tamisant d’un gris taché d’argent, funeste
Auront coeur à résister quand le Diable emporte
Négligemment tous ces charmes qu’elles séquestrent.
Trépassez, vous aussi, aux frontons de ces portes.

Arménédia

A l’ouest palpitent les néants. Ceux lA
Rient et, dans le noir – mon cher amI –
Miroite un sourire où s’accroche le NiD
Ephémère d’une bien trop ancienne alchimiE.
Nul ne doute que dans l’ombre, l’EdeN
Embrume encore les âmes de l’HommE
Dans un frénétique mobile perpetuuM
Irradiant à nous pendre, nous envoleR.
Arménédia, tu vies du triste de ceux lA.

A la table des pauvres

A la table des pauvres, il n’y a pas de rire
Il n’y a pas vin, il n’y a pas de fête
A peine la joie, ce soir, de ne pas périr
Chacun mange son pain, chacun baisse la tête

A la table des pauvres, il y a juste misère
Celle qui torture les âmes avec élégance
Celle qu’on entend pleurer au fond de leur verre
Et qui de ces vies fait oublier les tristes danses

A la table des pauvres, il n’y a que misère
Ils s’en repaissent dans le silence
Des plats de vide des plats au goût amer
Et persistant de leur impuissance

A la table des pauvres, il y a enfin
Malgré ce présent au passé trop semblable
L’odeur de l’avenir, le parfum de demain
Ce que le futur apportera -peut être- sur cette table

Et maintenant


Le pendu au crépuscule

Se balance en grinçant

D’un mouvement ridicule

Sous un ciel filant

Des étoiles scintillantes

Au feu des passantes

Et Maintenant…

Et Maintenant c’est certain

Il n’y a plus d’enfer

Que celui des absences

Quand la nuit en silence

Caresse de sa main

Nos tendres impatiences

Et regarde demain

Sur la place jaunie

Il y a la musique

Le théâtre des fourmis

C’est une rhétorique

Qui poétise en rêvant

Des bateaux qui dorment

Et maintenant…

Et maintenant dans le soir

L’opaline brûlante

Etreint nos regards

Les feux qui des langes

Ont ouvert l’écrin

Ecorchent quelques anges

Et regardent demain

La dune a pali

Et il se fait tard

Le sable construit

Des semblants de remparts

Sous l’oeil à l’oblique

Les ombres abdiquent

Et maintenant…

Et maintenant quand je chante

Cet air sans parole

Me chuchote quand il vente

Toute la magie d’Eole

Que séquestre en son sein

La Belle au matin

De nos deux lendemains

Sans prétention

Je n’ai aucune prétention artistique d’aucun genre. Je n’ai même pas vraiment l’envie de partager ce que je fais, ni l’intention de dévoiler qui je suis. Anonyme, je le suis, je l’ai toujours été et le resterai très certainement.

 

Alors pourquoi ? Pourquoi sans même vous saluer sans vous dire bonjour j’entame ceci ? Car il serai simplement triste que tout cela finisse au feu. Ce que je raconte ici, ce que vous y lirez, n’est pas vraiment moi, mais n’est pas vraiment fictif non plus. Tout ceci est sorti de ma tête, inspirés par diverses choses, événements, personnes, et en laissant à l’oubli ces textes, j’aurai un peu laisser à l’oubli tout ce qui les as inspirés.

 

Certaines de ces inspirations, je les ai perdues. Par ma faute, en partie, elles ont disparu de mon esprit et de ma vie. De personnes que j’ai aimé, si fort, des choses que j’ai su apprécier, tellement, des événements qui m’ont marqué et dont j’ai peine aujourd’hui à me remémorer… Nostalgique ? Peut être un peu, mais bien jeune pour l’être trop. Alors, je ne veux pas oublier plus tard, je veux relire ceci avec l’oeil grandi, le recul assuré, de celui qui ne regrette rien, qui ne regrette tellement rien que les larmes de joies lui coulent quand il voit ce qu’il a perdu, et ce que ces perte lui ont offert.

 

Je dédis ce recueil prétention aucune à tout ce qui l’ont inspirés. Je dédis ce recueil sans prétention à tout ceux qui le liront, et je dédis ce recueil sans prétentions à tout ceux qui ne le liront pas ailleurs que dans mon regard et mes gestes pour eux.

 

Arménédia, c’est le nom de monde qui encombre ma tête, où vivent en harmonie des soupçons de tout ce qui m’a un jour fait vibré de ce qui me fait encore vibré et de ce qui me fera vibrer…

 

Arménédia, c’est un mot qui n’existe pas ailleurs que dans ma tête, Arménédia, c’est un sens qui n’existe pas ailleurs que dans vos âmes, chers lecteurs.



Arménédia

Arménédia est un monde merveilleux, qui existe ou n'existe pas, selon que l'on y croit ou pas. C'est un monde habités des choses qui nous inspirent, un univers théorique, difficile à décrire, dont chaque chose ici est une sorte de photographie : statique, et pas forcément fidèle à la réalité... A vous de l'imaginer, car je ne saurais le décrire

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